Ménopause, préménopause, périménopause — de quoi parle-t-on exactement ?

La ménopause, c'est d'abord un diagnostic médical. Il se pose une année après l'arrêt complet des saignements. Pas avant. Ce n'est donc pas un événement qui arrive un jour, pouf, du jour au lendemain. C'est la conséquence finale d'un processus qui se mûrit depuis des années — un arrêt progressif, crescendo, de la fabrication d'hormones ovariennes par les ovaires.

Ce qui précède ce diagnostic, c'est la périménopause — ou préménopause. Et c'est là que tout commence, bien avant que la plupart des femmes ne s'en rendent compte.

Ce qui se passe dans le corps dès 35 ans

D'un point de vue purement physiologique, on se construit jusqu'à environ 25 ans. On a ensuite une dizaine d'années de plateau — une période où le corps fonctionne de façon optimale, où l'on est pleinement en possession de ses moyens.

Puis, dès 35 ans, quelque chose change. On ne construit plus davantage qu'on ne détruit. Des processus d'oxydation cellulaire s'installent petit à petit. Une « dégénérescence » commence à s'installer — au sens physiologique du terme. La fabrication osseuse évolue. La plupart du temps, ces changements passent complètement inaperçus — peut-être qu'il faudra un peu plus de temps pour récupérer d'une nuit blanche, on sera peut-être légèrement moins performante physiquement. Mais à part ça, rien de remarquable. Le processus est là, silencieux, qui avance.

La périménopause : dès 40 ans, en général

Pour la ménopause proprement dite, le processus naturel se met en place en général vers 40 ans. Avec des petits signes discrets — une fatigue un peu plus grande, certains cycles qui se raccourcissent d'un jour, des variations légères d'humeur. Des signes qui passent complètement inaperçus. Et puis, progressivement, ces signaux deviennent un peu plus présents.

Les ovaires fabriquent moins d'hormones. Or ces hormones nous sont utiles pour gérer les inflammations dans le corps, pour notre peau, nos cheveux, notre sommeil. Vers 45-48 ans, on peut voir apparaître progressivement des symptômes liés à cette baisse — l'apparition de rides, une perte de cheveux, des troubles du sommeil, des maux de tête, une sécheresse de tout le corps, des douleurs articulaires, des douleurs abdominales, la résurgence de maladies auto-immunes. Tout cela s'installe doucement, sur des années.

À quel âge exactement ?

C'est difficile à dire avec précision. En Europe, la ménopause survient en moyenne vers 51-52 ans. La périménopause commence donc entre 4 et 10 ans avant — soit entre 41 et 48 ans en moyenne.

Mais il y a une donnée précieuse : l'âge de la ménopause est souvent le même que celui de notre maman. Si elle a été ménopausée à 57-58 ans, il est probable qu'on suive un chemin similaire — et que les premiers signes arrivent plus tard que la moyenne. C'est une information simple à chercher, et qui peut changer beaucoup de choses dans la façon dont on appréhende cette période.

Pourquoi certaines femmes traversent ça mieux que d'autres

C'est un bouleversement hormonal réel. Mais le corps a ses propres ressources pour compenser ce que les ovaires ne fabriquent plus — à condition qu'il soit suffisamment en bonne santé pour y accéder. Une femme qui a une bonne hygiène de vie, qui gère bien son stress, qui mange de façon équilibrée aura beaucoup moins de symptômes qu'une femme dont le corps est inflammé et épuisé. La ménopause n'est pas une fatalité — c'est une transition dont on peut influencer le vécu.

Un chemin — potentiellement très beau, parfois très difficile

La ménopause, c'est un chemin. Potentiellement très beau — mais qui peut aussi être très difficile à vivre.

La femme, à notre époque, est souvent prise dans beaucoup de vies autres que la sienne. Ses enfants, son compagnon, ses parents vieillissants. Elle a tendance à se faire passer après. Ce chemin appelle à un retour à soi — à se demander : de quoi ai-je besoin, moi, pour continuer avec toutes mes ressources, toute ma force, toute mon énergie ? Parce qu'on ne peut pas bien s'occuper de son entourage si on ne s'occupe pas d'abord de soi.

Et souvent, cette période est compliquée par les contextes qui l'entourent. Beaucoup de femmes souffrent du syndrome du nid vide — les enfants grandissent, n'ont plus besoin de leur maman comme par le passé. Après une vie « de sacrifice », il est difficile de se retrouver sur la touche, ou d'avoir cette sensation. La vie de couple peut être aussi très fortement impactée par cette période de changement. Les études le montrent : 73 % des femmes attribuent la ménopause comme un facteur ayant contribué à une rupture de couple* — non pas que la ménopause détruise les couples en elle-même, mais elle agit comme un révélateur de ce qui méritait d'être regardé depuis longtemps.

Savoir où on en est

Si vous souhaitez confirmer que vous êtes en périménopause, votre gynécologue peut effectuer un bilan hormonal par simple prise de sang. C'est une première étape utile pour mettre des mots sur ce que vous ressentez.

Le gynécologue dispose aussi d'outils à sa disposition — notamment les thérapies hormonales de substitution, qui ont fait énormément de progrès ces dernières années. Si vous envisagez cette voie, il est très important de s'assurer qu'il s'agit d'hormones bio-identiques. Et il est tout aussi important de savoir que ce traitement ne fait que reporter une échéance. On ne peut pas rester toute sa vie sous traitement hormonal de substitution — et dès qu'on l'arrêtera, on sera au contact de ce changement hormonal, qui peut alors être vécu de façon plus violente.

Préparer ce passage, faire avec, prendre le temps d'apprendre à se connaître et à connaître ses besoins — laisser le corps faire ce pourquoi il est fait. Le corps d'une femme est aussi prévu pour vivre sans hormone ovarienne. C'est une démarche qui peut être, elle aussi, très belle.

Et si c'était ça ?

Si vous vous reconnaissez dans certains de ces signes — fatigue inhabituelle, sommeil perturbé, cheveux qui changent, peau plus sèche, maux de tête récurrents, douleurs articulaires, cycles qui se dérèglent, résurgence de maladies chroniques qui semblaient stabilisées — une consultation peut être le bon moment pour faire le point. Comprendre ce qui s'exprime, pourquoi ça s'exprime, et avoir des outils très concrets, très pratiques pour rééquilibrer en fonction de vos besoins. Pas pour subir ce passage — pour le traverser debout.

Retour au blog