L'humanité a mal à ses bébés. Une phrase qui peut, à priori, ne rien dire. Et pourtant, c'est celle qui me vient quand je réfléchis à cette question.
Oui — mais à une condition
Oui, bien sûr. On peut tout à fait tomber enceinte avec des cycles irréguliers. À condition de savoir quand on ovule.
Parce que si on est en face d'un gynécologue qui utilise un système calendaire — vingt-huit jours, ovulation au jour quatorze, protocoles calés sur cette date — et que son cycle n'est pas celui-là, ça ne pourra jamais fonctionner. Le problème n'est pas la fertilité. Le problème, c'est l'ignorance du moment exact de l'ovulation.
Des chiffres qui font réfléchir
Un couple sur huit consulte aujourd'hui pour des difficultés à concevoir. 17,5 % de la population adulte mondiale est concernée par des problèmes d'infertilité au cours de sa vie. Quand le problème est imputable à la femme — ce qui représente 30 % des cas d'infertilité — à l'homme (30 % également), ou aux deux (30 %), et qu'il reste un petit pourcentage inexpliqué — la cause la plus fréquente chez la femme est souvent une deuxième phase du cycle trop courte. Ce qu'on appelle une phase lutéale insuffisante.
Pourquoi la fertilité chute après 35 ans
Les femmes souhaitent avoir des enfants plus tard, après un bout de carrière ou une vie riche construite sans enfant. C'est un choix légitime. Mais à partir de 35 ans, la fertilité chute drastiquement (cf. « À quel âge la ménopause ? La périménopause commence bien plus tôt que vous ne le croyez »). Et l'un des premiers signes de la « préménopause », c'est précisément un raccourcissement de la deuxième phase du cycle.
Qu'est-ce qu'un cycle irrégulier, exactement ?
On parle de cycle irrégulier à partir du moment où l'amplitude entre deux cycles est supérieure à cinq jours. Par exemple : un cycle de vingt-quatre jours suivi d'un cycle de vingt-neuf jours. En dessous de cinq jours d'amplitude, on ne parle pas de cycle irrégulier — c'est simplement la variabilité naturelle du corps.
La phase lutéale : la grande méconnue
Pour qu'il y ait nidation, il faut impérativement au minimum dix jours entre l'apparition du corps jaune et le déclenchement des saignements. S'il y a moins de dix jours, les embryons n'ont tout simplement pas le temps de venir s'implanter dans la muqueuse utérine.
Avec des moyens très simples, on peut rallonger cette deuxième phase du cycle. Mais encore faut-il savoir qu'elle est trop courte. Et pour ça, il faut s'observer.
Le jour sommet : la clé
Pour une femme qui n'ovule pas au jour quatorze — et qui ovule plutôt aux alentours du jour vingt, vingt-deux, ou même du jour douze — il est absolument essentiel de connaître son propre rythme. La symptothermie permet de trouver son jour sommet avec une très grande fiabilité. Beaucoup plus fiable qu'un calcul calendaire.
Et la symptothermie fait plus que ça : parce qu'on voit en temps réel le travail de ses hormones sur le graphique, on peut aussi voir leur dysfonctionnement. Elle met en lumière des problématiques du cycle dont on n'avait pas conscience — et qui, une fois identifiées, peuvent être adressées.
Ce que veut vraiment dire « cycles irréguliers »
Des cycles irréguliers ne signifient pas du tout une absence d'ovulation. Un cycle est constitué de quatre phases : les règles (jour un), la phase folliculaire (maturation de l'ovule), l'ovulation, et la phase lutéale — pendant laquelle la température s'élève.
À partir du moment où ces quatre phases sont présentes, on est sur un cycle tout à fait normal et fonctionnel. Qu'il dure vingt-deux jours ou quarante. Il y a des femmes qui auront des phases folliculaires très longues, d'autres des phases lutéales très longues — et ce sont des cycles parfaitement fertiles.
Les cycles très courts méritent une attention particulière — une phase lutéale trop raccourcie peut impliquer une impossibilité de nidation — mais ce sont malgré tout des cycles fonctionnels, avec une ovulation à chaque cycle.
On n'est pas des robots
Oui, on peut tout à fait tomber enceinte avec des cycles irréguliers. Mais c'est très important de se connaître, de s'observer. Parce qu'on n'est pas des modèles qui fonctionnent sur vingt-huit jours avec une ovulation au jour quatorze. On est des femmes, avec des fonctionnements qui peuvent être très différents d'une femme à l'autre. Et tout ça est dans la norme.
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