Une femme ménopausée n'existe plus
En Occident, la ménopause est vue comme une perte. Un deuil. La perte de la jeunesse, l'entrée dans la vieillesse. Au niveau des médias, une femme ménopausée n'existe plus — elle n'a plus aucun intérêt pour la société à partir du moment où elle cesse d'être fertile. Comme si, en cessant d'être fertile, elle ne pouvait plus rien apporter. C'est une façon provocatrice de dire les choses. Mais c'est malheureusement une réalité en Occident.
Ailleurs dans le monde, ce n'est pas forcément comme ça. Au Japon, la femme ménopausée prend une place centrale d'organisatrice de la famille. Et il n'existe pas de mot spécifique pour « ménopause » en japonais — il existe un mot commun aux hommes et aux femmes pour désigner ce passage. Étonnamment — ou pas — les femmes japonaises sont très peu sujettes aux désagréments de la ménopause. Comme par hasard…
Un corps qui crie, un cœur qui pleure
Dans les pays occidentalisés, nous avons une façon de vivre tellement déconnectée de la réalité du corps et de ses besoins qu'un état dépressif à la ménopause, c'est un corps qui crie. Un cœur qui crie. Une âme qui pleure. Mais ça n'arrive pas par hasard. Il y a des explications hormonales à tout ça.
La production d'œstrogènes est directement liée à la production de sérotonine. À partir du moment où les ovaires ne sécrètent plus d'œstrogènes en grande quantité, le précurseur de la sérotonine est absent. Forcément, ça va avoir un impact sur les niveaux de sérotonine. Le mécanisme biologique est connu et documenté.
Malgré tout, souvent, la réponse médicale est la prescription d'antidépresseurs — ce qui est complètement inadéquat vu la nature de la problématique. Un naturopathe formé à la santé féminine aura des ressources bien plus pertinentes pour traiter ces symptômes. Et c'est important de les prendre au sérieux.
Les études le montrent : les taux de suicide chez les femmes de 45 à 55 ans — la période typique de la transition ménopausique — sont notamment plus élevés, potentiellement liés aux fluctuations hormonales qui affectent la régulation de l'humeur. Une revue systématique de 19 études publiées révèle que 84 % d'entre elles rapportent une association entre la transition ménopausique et une augmentation des pensées suicidaires — particulièrement en périménopause. Et les retards de diagnostic, les mauvais diagnostics, la prescription d'antidépresseurs à la place d'un accompagnement adapté aggravent significativement les symptômes.*
Un combo particulièrement délétère
La femme vit de nombreux bouleversements en simultané. Son image change. Elle disparaît de la société. Elle peut vivre un sentiment d'inutilité — c'est ce que la société lui renvoie, mais c'est aussi ce qu'elle peut expérimenter dans sa vie quotidienne. Ses enfants n'ont plus besoin d'elle comme avant. Sa relation de couple peut battre de l'aile si la communication n'était pas saine. On ne se reconnaît plus. On n'a plus rien à se dire. On a de la peine à être ensemble. On n'a plus envie de l'autre comme avant. Le partenaire ne comprend pas.
On est aux prises avec une remise en question fondamentale — même si on n'en a pas forcément conscience. Et ça prend beaucoup de place. Ça rend moins disponible. Souvent, dans cette période, on a plus de questions que de réponses, et on peut dresser un constat très pessimiste de la situation.
Ajoutez à cela le désagrément hormonal — moins de sérotonine, précurseur absent — et vous avez un combo particulièrement délétère : sur la santé physique, sur la santé mentale, sur la vie émotionnelle. Sur la vie tout court !
Ce n'est pas dans votre tête
C'est peut-être la chose la plus importante à dire dans cet article : ce que vous ressentez n'est pas dans votre tête. Ce n'est pas une faiblesse. Ce n'est pas « l'âge ». C'est un mécanisme biologique réel, qui mérite un accompagnement réel — pas une ordonnance d'antidépresseurs rédigée en cinq minutes.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, une consultation peut être un premier pas. Pour comprendre ce qui se passe. Pour avoir des outils. Pour ne pas traverser ça seule.
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